"Du lien de l'Un et de l'Etre chez Plotin" de Florent Tazzolio chroniqué à sa sortie chez France Culture dans les livres de la semaine !
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Rédigé à 16:55 dans PHILOSOPHIE | Lien permanent | Commentaires (0)
Florent Tazzolio, "Le problème de la causalité du Principe chez Plotin", in Revue Philosophique de Louvain, n°1, Tome 102, Louvain, 2004
L’Un est Principe de tout mais il n’est rien de ce dont il est Principe. Une «rupture» est à l’origine de l’émanation à partir de l’Un. Le surgissement de l’Intelligence est un surgissement sur fond de séparation exigée du Principe. La génération de l’Intelligence par l’Un n’est pas positivement repérable. Il s’agit d’une émanation, d’un rayonnement, dont seules des images peuvent suggérer ou expliciter le mouvement. L’opposition logique entre l’Un et l’être exige donc l’impossibilité de trois types de causalité: «transitive», «participative » et «immanente». Une quatrième catégorie de causalité pourrait satisfaire la génération de l’Intelligence par l’Un: la causalité «absolue» ou «directe». Son intérêt est de condamner tout autre type de causalité. Toutefois, la causalité «absolue» manifeste un paradoxe. Comment penser à la fois la transcendance radicale Un-être tout en sauvegardant l’émanation? La causalité absolue serait le lieu de synthèse entre un héritage métaphysique platonicien de la séparation et un héritage plus oriental, «mystique», où l’émanation à partir du Principe garantit une union, une synthèse entre les deux termes. C’est entre ces deux pôles que Plotin se situe: leur unité constitue sa singularité, entre Orient (continuité) et Occident (séparation). Le problème de la causalité du Principe permet de nous interroger sur le double héritage Orient-Occident de Plotin, et le caractère unificateur de sa pensée.
Rédigé à 18:24 dans PHILOSOPHIE | Lien permanent | Commentaires (0)
Florent Tazzolio, "Temps, mythe et Gnose chez Plotin", in Religion et violence, Théophilyon, Revue de l'Université Catholique de Lyon, Tome VIII, Vol. 3, Lyon, 2003
Extrait :
La critique des gnostiques par l’auteur des Ennéades est la conséquence immédiate de la différence structurelle entre deux conceptions du monde hétérogènes. Si Plotin traite longuement des gnostiques en II, 9, c’est avant tout dans une volonté d’opposer à une vision tragique du monde et de ses principes, notamment ceux de sa création et du démiurge, une conception optimiste et dynamique corrélative à la conversion vers le Principe, toujours présent, et sans doute à l’harmonie des intelligibles et de l’Ame qui procède sans contrariété de ce Principe ineffable et négatif. L’émanation plotinienne s’oppose à la création gnostique.
L’idée de salut est obsolète face à ce que Jean Trouillard appelait la manence (monè) du Principe, face à la conversion aussi à l’unité et la hiérarchisation de la procession des hypostases selon la valeur (densité ontologique). Cette différence rend hors-contexte toute forme de sotériologie gnostique et de temporalité de la création. Tous les niveaux de la procession plotinienne sont en effet interdépendants et en compénétration éternelle puisque la poiêsis comme contemplation du supérieur engendrant l’inférieur à partir d’une théorie des images qui procèdent, est une production continue et structurante, c’est-à-dire fidèle à l’émanation sans contrariété à partir de l’Un, à l’image de la source et du fleuve, selon un mouvement en ligne droite.
Dans ce sens, le salut, seule réponse satisfaisante à la décomposition de la création gnostique vers le mal, n’est rendu nécessaire qu’en tant qu’il justifie artificiellement le rejet du monde vécu comme mauvais. Chez Plotin, au contraire, il n’est pas justifié puisque l’émanation est éternelle et continue jusqu’au fond de la procession des hypostases, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de salut nécessaire face à la présence permanente d’un lien à l’Un explicité par la manence de l’être en lui. Le salut est déjà donné dans la procession et la conversion ne fait qu’actualiser ses racines procédantes.
Rédigé à 18:18 dans PHILOSOPHIE | Lien permanent | Commentaires (0)
Florent Tazzolio, Logos et langage comme liens à l'Origine dans l'hénologie plotinienne, contribution au collectif sous la direction de Michel Fattal, Logos et langage chez Plotin et avant Plotin, Collection L'Ouverture Philosophique, Paris, L'Harmattan, 2003
Cet ouvrage collectif est issu d'un séminaire de DEA portant sur Les théories philosophiques du logos dans l'Antiquité qui s'est tenu à l'Université de Grenoble de 1994 à 2000 sous la direction de Michel Fattal. Dans le prolongement du volet oral de ce séminaire, il a été demandé à dix-neuf collègues français et étrangers d'apporter une contribution écrite à l'étude précise du Logos et (du) langage cher Plotin et avant Plotin. Il s'agissait de mettre l'accent sur la philosophie de Plotin qui, très curieusement, n'avait pas du tout été abordée par certains ouvrages collectifs de référence en matière de logos et de philosophie du langage dans l'Antiquité. Mettre l'accent sur la philosophie du logos et du langage chez Plotin, sans pour autant négliger les théories philosophiques de ses prédécesseurs d'Héraclite aux Stoïciens, constitue donc l'objectif principal du présent ouvrage.
Rédigé à 18:00 dans PHILOSOPHIE | Lien permanent | Commentaires (0)
Florent Tazzolio, Du lien de l'Un et de l'être chez Plotin, Collection L'Ouverture Philosophique, Paris, L'Harmattan, 2002
Plotin, né à Alexandrie en 205 et père du néoplatonisme, est l'un des penseurs les plus originaux de l'histoire de la philosophie. Avec une mystique de l'Un Origine, Néant et Principe du monde s'opposant à une métaphysique de l'être, Plotin convoque la pensée à un balancement entre Orient et Occident nourri par un héritage culturel à la fois grec et égyptien. L'auteur des Ennéades compose une peinture du monde comme émanation de l'être à partir de l'Un dont tout provient. C'est précisément dans son lien à l'Un que l'homme retrouve sa provenance. Le lien de l'Un et de l'être est ce lieu singulier dans lequel on peut lire la finalité de toute chose en comprenant son origine. Penser le lien de l'Un et de l'être alors même qu'ils s'opposent mais sont indissociables, nous invite à reprendre l'unité entre continuité et altérité. Le défi à relever avec notre questionnement est celui de renouer avec un rapport à l'origine des choses qui pourra reconstruire un dynamisme pour une pensée fédératrice au-delà des guerres d'idées.
Rédigé à 17:45 dans PHILOSOPHIE | Lien permanent | Commentaires (0)
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